Revue de l'Araire - 220 mars 2025

N° 220 présentation par Claude LONGRE

Selon notre ordre chronologique, ce numéro commence par « Une famille noble à l’abbaye Saint-Martin de Savigny en Lyonnais – les Sainte-Colombe aux XVIe et XVIIe siècles ». Ce texte important est le premier d’une « trilogie » familiale traversant les siècles.

On connaît l’abbaye de Savigny et les heurts et malheurs qu’elle a vécus à travers les temps et on sait qu’elle a occupé une place essentielle dans l’histoire de la féodalité régionale, en concurrence ou en équilibre avec les autres abbayes ou chapitres. Mais cet article la présente sous la forme originale de la saga d’une famille noble liée à celles de l’abbaye. Cette histoire n’est évidemment pas linéaire, étant donné la nature de la transmission des biens au fil des générations de clercs, d’où la complexité du récit, au sein d’une époque extrêmement troublée de guerres civiles. En outre, nous assistons à la vie « interne » de l’abbaye, ses recherches d’acquisitions foncières, ses soucis d’approvisionnement en des temps incertains, une existence parfois menacée dans sa survie – bref, une image parfois différente de celle que l’on pourrait se faire d’une communauté féodale puissante. Un récit contrasté et passionnant !

Mais aussi, le thème du bâti relie ce premier article aux deux autres. Il y a là trois composantes importantes de la société ancienne ou traditionnelle :
haut clergé féodal, bourgeoisie, paysannerie. En effet, on retrouve la pierre dans l’architecture bourgeoise – « Histoire d’une rénovation à Saint-
Symphorien-sur-Coise » – et « Lambrequins, fenêtres et portes », toujours à Saint-Symphorien, et la construction rurale traditionnelle du Pays Mornantais dans l’article « Des murs en pierres sèches tracent nos chemins depuis des siècles ».

On constate avec intérêt la fonction du bâti dans ces deux cas. Dans la petite ville, elle a été de souligner la position sociale des notables, bourgeois,
industriels et marchands des siècles passés, dans les ornements visibles – fenêtres, portes, détails architecturaux – en contraste avec l’urbanisme
d’ensemble, qui reste celui d’une bourgade de la fin du Moyen Âge. Notons néanmoins que ce dernier aspect mérite aussi la visite !

Il en va tout autrement des « murs en pierres sèches », dont la beauté, soit dit en citant le texte, réside dans « une harmonieuse cohabitation que
l’homme a su créer pour répondre aux nécessités de son époque ». Les différentes formes des murs en pierre sèches répondent à leurs fonctions :
soutènement, clôtures, escaliers, loges, chaillers etc., en profitant de la commodité qu’offre la nature des pierres locales, schiste et roches cristallines. La beauté des réalisations tient pour une part à la nécessité qu’imposent les diverses fonctions, mais aussi au besoin constant d’équilibre.

Dans ces deux cas – Saint-Symphorien et les murs en pierres sèches du Pays Mornantais –, on trouve l’élément commun du désir ou du plaisir
esthétique, l’un dans le « supplément » que représentent les ornements architecturaux, l’autre dans le corps même de la construction.

Et surtout, ces trois lieux du Pays Lyonnais, parfois menacés par l’usure du temps ou l’indifférence, méritent d’être entretenus et sauvés. Ce numéro
de l’Araire vous invite donc à visiter et à contempler les vestiges de l’abbaye de Savigny, le bourg de Saint-Symphorien-sur-Coise et le pays des belles constructions de pierre sèche !

Résumés des articles de la revue

Une famille noble à l'abbaye Saint-Martin de Savigny en Lyonnais. Les Sainte-Colombe aux XVIe et XVIIe siècles, 1ère partie

Par J. PHILIPPE

Cette étude sur l’abbaye de Savigny en Lyonnais aux XVIe et XVIIe siècles s’inscrit dans une recherche en histoire moderne (du XVIe au XVIIIe siècle) et en histoire sociale, plus particulièrement familiale. Cette recherche prend comme étude de cas une famille du Forez-Beaujolais attestée dès le XIIIe siècle, assez documentée pour permettre une recherche d’histoire familiale (mais non généalogique) à l’époque moderne. Cette étude s’intéresse plus particulièrement aux deux époques de guerres civiles : les guerres civiles de religion à partir de 1562, et les guerres civiles liées à la Révolution à partir de 1789. Comment cette famille s’est-elle comportée durant ces décennies de guerres civiles ? À chaque fois, trois générations vécurent ces crises longues, qui occupèrent la vieillesse de la première, l’âge actif de la deuxième éduquée avant leur déclenchement, et la jeunesse de la troisième qui atteignit la vieillesse longtemps après leur pacification. Les Sainte-Colombe fournirent des moines à Savigny aux XVIe et XVIIe siècles. Aussi a-t-on pu se poser plusieurs questions relatives à cette abbaye :
- pourquoi et comment les Sainte-Colombe entrèrent-ils à Savigny au XVIe siècle et que connaît-on de leur vie pendant les guerres civiles de
religion ?
- comment les Sainte-Colombe vécurent-ils à l’abbaye au XVIIe à l’époque où se mit en place la monarchie absolue et se diffusa la réforme de l’église catholique ?
- quels aspects de la vie conventuelle sont observables quand les Sainte-Colombe y participèrent à l’époque moderne ? Ces questions font l’objet des trois parties de cette étude réalisée à partir de sources d’archives et des diverses sources imprimées.


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