Sommaire du N° 205 écrit par Claude Longre
Comme il est de tradition, les articles du présent numéro suivent un ordre chronologique, commençant au début de notre ère pour aboutir aux jours actuels. Un bel éventail, à deux volets : après des sujets historiques, nous passons d’un bond du temps de François Ier à la seconde moitié du XIXe siècle.
Prévenons tout de suite le lecteur : en ce qui concerne les quatre « sujets historiques », il n’y a rien à voir ! Le premier relate la découverte d’un élément d’aqueduc antique au cours de travaux dans le sous-sol d’un lycée, donc recouvert après identification et analyse. Cela dit, c’est sans doute le rêve de plus d’un jeune élève que de sentir pendant les cours un aqueduc romain enfoui sous ses pieds...
Mais les trois suivants ont encore moins de matérialité ! La reconstitution hypothétique d’un chemin d’ancienneté indéterminée, remontant peut-être à l’âge de bronze, mais peut-être aussi à une époque bien plus récente, qui relierait un village de lointaine origine gauloise à une station préhistorique : ainsi présenté, le pari semble un peu hasardeux, mais une fois qu’on a suivi la description de l’itinéraire, on se rend compte que rien ne s’y oppose, et surtout, on a une belle randonnée en perspective !
Ensuite, nous voici devant une petite éminence discrète qui se trouve entre une « résidence » tout neuve et la mairie du lieu. Un peu de curiosité et de goût de l’exploration, et de fouilles en recherches approfondies de documents, on arrive à l’histoire étonnante d’un couvent, d’un château, d’une maison-forte… Là aussi, le rêve a conduit à la découverte d’un monde disparu, qu’on ne peut plus ôter de sa mémoire chaque fois que l’on passe devant cette tranquille colline.
La dernière recherche « historique » est encore plus évanescente. Cette fois-ci, c’est le coin sud d’un vingtain, d’une muraille destinée à protéger un bourg dans les périodes troublées de la fin du moyen âge. On sait que le vingtain existait, mais ses traces sont irrémédiablement perdues. Alors, en reliant quelques passages de documents à des indices presque négligeables dans le bâti, on arrive à établir un ensemble probable à partir duquel on peut esquisser le dessin du vingtain tout entier.
Le deuxième volet de cet éventail est plus récent. Tout d’abord, nous retrouvons un personnage évoqué dans l’avant-dernier numéro de notre revue, décrit alors comme un homme inspiré et un peu farfelu, mêlé à la Commune de Lyon (1870-1871). Ici, un autre chercheur le révèle comme un homme enthousiaste, républicain convaincu, à la biographie pleine d’intérêt, mais sans les excès que son contemporain lui attribuait dans l’article précédent.
Suit un article attachant, décrivant à l’occasion de la « séparation » d’une maison occupée depuis près de deux siècles par la même lignée tous les souvenirs liés à la maison et au maraîchage, qui est l’activité familiale. Les personnes, l’environnement, la vie des occupants, tout est dépeint par l’auteur, qui a rassemblé les objets, les documents et les outils de maraîchage pour une exposition avant le départ, et on se réjouit en se représentant les « deux petites filles [qui] nous ont remplacées, avec leurs jeunes parents, amoureux des maisons en pisé et des draps brodés ».
Enfin, reliant le passé aux temps actuels, voici la description de leur travail par deux spécialistes de la « restauration d’œuvres d’art », avec explications et exemples en images de leur activité, ainsi que l’histoire et l’objet de la restauration à travers les temps. Des illustrations explicites fournissent des exemples. On pourra bientôt en voir davantage dans une exposition à la Maison de l’Araire.
Bonne lecture !
Résumés des articles de la revue
L’aqueduc romain de l’Yzeron au lycée Edouard Branly, rue de Tourvielle, à Lyon, 5e
De Jean BURDY
Un « petit conte » nous révèle avec précision, en deux épisodes, le passage de l’aqueduc de l’Yzeron sous un grand lycée lyonnais, révélé par des travaux de terrassements. Une belle surprise archéologique !
Un ancien chemin de Brindas au Mont Châtelard ?
De Paul PELCÉ
Le site ancien de Brindas était-il relié par un chemin au site aussi ancien du Châtelard à Courzieu ? L’article répond à cette question par une enquête exploratoire et nous invite ainsi à une promenade par monts et plateaux, illustrée de cartes et de photographies lumineuses. Une invitation à la randonnée-découverte en Pays lyonnais !
Histoire d’un château oublié le château de Laye
De Jean-Paul MONTEUX
L’emplacement où s’élève la copropriété de la « Résidence des Récollets » tire son nom d’un couvent disparu. L’auteur de l’article, intrigué par une « étrange colline » au centre de la résidence, entreprend des recherches et étudie les archives qui s’y rapportent. L’article suit pas à pas cette quête passionnante.
Le vingtain d’Yzeron, côté sud vestiges et hypothèses
De Claude LONGRE
Il n’existe nulle trace du vingtain d’Yzeron. Si l’on confronte des passages éparpillés de documents anciens avec un détail d’architecture encore visible, une photographie et une gravure de la fin du XIXe siècle, dès lors, la structure d’une partie du vieux vingtain se dessine peu à peu. Un dessin hypothétique en fin d’article récompense le lecteur.
À propos du notaire Joseph Lentillon
De Victor DEGORGUE
On se souvient que notre revue a évoqué, dans l’article intitulé « La Commune de Lyon et la Campagne lyonnaise », le personnage de Joseph Lentillon, notaire de Thurins. L’auteur du présent article donne une image détaillée et précise de ce personnage et nuance le portrait exalté et inconséquent qui en était dressé.
Quand on se sépare d’une maison de famille
De Marie-Noëlle GOUGEON
Se séparer d’une maison de famille est un évènement que beaucoup connaissent à la mort des parents ou des grands-parents. Un évènement pas anodin que chacun aborde avec son histoire et son ressenti. Quelle que soit l’attitude choisie, hériter est toujours un acte qui nous renvoie au passé mais nous emporte aussi vers l’avenir. Alors, la réparation devient moins douloureuse. Elle peut même se transformer en un sentiment proche de la paix, de l’accomplissement.
La restauration d’œuvres d’art : à la découverte d’un métier entre art et histoire
De Clémence ESPARCIEUX – Lorette HEBRARD
L’article évoque l’histoire de la restauration des œuvres d’art, les techniques employées et le travail effectué par deux spécialistes dans leur atelier, l’une restauratrice en arts graphiques, l’autre en objets en support papier. Des reproductions illustrent les processus. Une exposition sur ce thème sera organisée prochainement à la maison de L’Araire
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