Revue de l'Araire - N° 164 mars 2011

Sommaire du N° 164

D’Orliénas à Vaugneray et de là à Chambost-Longessaigne, ce numéro nous fait parcourir le Pays Lyonnais de ses confins méridionaux à l’extrémité nord. Voilà pour l’espace. Quant au temps, nous commencerons bien avant notre ère pour arriver tout au bout de l’année 2010. Mais laissons là les énigmes, et mettons cartes sur tables.

Cartes sur table… C’est à peine un jeu de mots, car le premier article, « Toponymie en Pays Lyonnais », faisant suite à un article précédent, nous promène à travers les temps dans le village d’Orliénas, dont le nom lui-même atteste l’antiquité, et nous fait apparaître lieu après lieu, ruisseau après rivière, les paysages anciens, les limites de justice et de fief, les routes et les chemins, en déclinant tous les noms (« toponymes ») passés, les uns disparus, les autres transformés. La magie de cette étude exemplaire, qui pourrait être faite pour chacune des communes de la région, est due au fait que tout s’y intègre : pierres dressées, haies de chênes, noms étranges, etc. Attention ! L’imagination n’intervient qu’après de longues recherches et des consultations à la source, dans les documents anciens, terriers, testaments, actes notariés… L’auteur nous met une fois de plus en garde contre les inventions de tel ou tel, répétées à l’envi jusqu’à ce qu’elles soient prises pour argent comptant. La lecture de l’article est donc aussi une leçon de prudence !

De temps à autre, bien trop rarement à notre gré, des lecteurs prennent la plume pour nous adresser des suggestions ou même des documents. C’est là un signe d’intérêt et un encouragement pour L’Araire. Dans le cas présent, nous avons trouvé la clé d’un mystère, exposé dans note n° 159 de décembre 2009, à propos du manuscrit inachevé de la « Crèche de Vaugneray, Mystère en trois actes et en patois des Monts du Lyonnais », sans nom d’auteur et sans date. Or une famille de Vaugneray abonnée à L’Araire, ayant reconnu dans la reproduction d’un passage du manuscrit l’écriture de l’auteur, disparu il y a une trentaine d’années, a pris contact avec L’Araire et a fourni ainsi documents et renseignements qui nous ont permis de « clore » le dossier et d’achever l’article. L’énigme est levée, et la solution réserve sa part de surprises ! Nous laissons au lecteur le plaisir de la découverte, et exprimons dans ces lignes notre gratitude à cette famille valnégrienne.

Le troisième article est dû également à l’incitation d’un lecteur… Sculpteur, il a réalisé en 2010 à Chambost-Longessaigne un calvaire dont un détail rend hommage aux producteurs de lait de la région. Il pensait à juste titre que cela pouvait intéresser la revue. Certes, l’œuvre est trop récente pour correspondre au recul « historique » de nos articles, mais cette proposition nous a conduits à donner un aperçu de l’élevage et de la production de lait dans le Pays Lyonnais au cours des temps. Les dossiers contenus dans les quelques 160 numéros de L’Araire parus depuis 1970, auxquels nous avons ajouté des extraits de divers ouvrages, sont assez riches et nombreux pour permettre une randonnée à travers les siècles et pâturages, avec arrivée devant la croix de Rampeau, à la cime de l’agreste village de Chambost-Longessaigne.

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Revue de l'Araire - N° 166 septembre 2011

Sommaire du N° 166

Les aqueducs de Lugdunum nous réservent sans cesse de nouvelles surprises. Dans deux articles, Jean Burdy étudie des détails de l'aqueduc du Gier en apportant de nouveaux éléments aux hypothèses émises jusqu'à présent, que ce soient celles de G. M. Delorme au XVIIIe siècle, du Préinventaire ou les siennes propres. Le champ de recherches reste encore ouvert, et il pourra, semble-t-il, passionner encore longtemps le public et les archéologues !

Si les témoignages de l'architecture de la Gaule romaine nous parlent encore aujourd'hui, ce n'est guère par des documents écrits, mis à part quelques rares inscriptions. On sait que les écrits de l'Antiquité romaine, recopiées patiemment siècle après siècle par les scribes et les clercs, concernent au premier chef la Ville par excellence, c'est-à-dire Rome, et que ce que nous avons conservé des géographes, des historiens et des théoriciens de ce temps-là n'évoque jamais la réalité de la brillante civilisation gallo-romaine. Et c'est bein pour cette raison qu'il n'a encore jamais été possible de dater la construction de nos aqueducs ! 

Alors, franchissons les neuf ou dix siècles qui nous séparent du premier document écrit connu sur le Pays Lyonnais : le cartulaire de Savigny. Utilisé jusqu'à présent surtout comme source de renseignements pour la toponymie locale, le présent numéro de notre revue l'exploite d'une façon différente, sous la plume du médiéviste Pierre Ganivet, qui évoque par exemple le VIIe siècle (à Fleurieux-sur-l'Arbresle) et même l'installation possible de Burgondes dans la vallée de la Brévenne au Ve siècle. Grâce à son étude fouillée, il nous fournit un aperçu de la structure du Pays Lyonnais du premier millénaire, de la répartition probable de la population, très clairsemée, et des premiers témoignages de l'existence de nos villages, qui portent encore le nom de villa, hérité de la civilisation gallo-romaine : Bibost, Saint-Pierre-la-Palud, Grezieu-le-Marché, Craponne, Yzeron, parmi bien d'autres... Bon nombre de noms ont disparu, tel l'étonnant Felix Vulpis, "Renard heureux", situé à la Giraudière ou dans ses environs. Mais ces siècles, qui vont de la fin de l'Antiquité au début de la féodalité, gardent leurs secrets : nous ignorons tout de l'existence de paroisses, si nombreuses par la suite, et nous n'avons aucun aperçu de l'architecture, de l'agriculture, des rites religieux et civils, des coutumes et des costumes d'alors...

Un demi-millénaire plus tard, voici enfin la "revanche" des vingtains ! Médiévistes et fiscalistes nous ont posé la question de savoir si ce vingtain, impôt du vingtième des récoltes, destiné à édifier et entretenir les fortifications des villages, avait bel et bien existé. Réponse : il y avait bien un certain nombre d'impôts, redevances, dîmes, gabelle, taille, capitation, abénévis, servis, lods et milods, que sais-je encore ? mais de vingtain, nulle trace... Alors, notre ami Jacques Rivoire règle son compte à sa manière à ce prétendu impôt, et clôt ainsi la thématique des "vingtains en Pays Lyonnais", car si la fiscalité y déclare forfait, il nous reste du moins le meilleur : l'histoire des bourgs fortifiés et les vestiges de leurs fortifications.

Après le Moyen Age finissant et une savoureuse anecdote de vengeance de chassuers de lièvres entre Brignais et Lyon, tous d'une mauvise foi ma foi... traditionnelle, nous assistons aux étonnantes festivités de l'ouverture du marché du mardi à Soucieu-en-Jarez en 1835, avec force détails finement analysés par Jacques Rivoire.

Enfin, après la présentation de deux ouvrages intéressants qui viennent de sortir des presses, voici la dernière surprise de ce nouveau numéro, sous la forme d'un message à L'Araire de l'Enfant Jésus en personne, certes hors saison, puisque trois mois nous séparent encore de la fête de Noël. mais n'en disons pas davantage - et bonne lecture ! 

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Revue de l'Araire - N° 167 décembre 2011

Sommaire du N° 167

Ce nouveau numéro se singularise par son aspect souterrain, dans trois articles sur cinq. Et encore ! Si l'on ajoute aux fouilles antiques les reliques dérobées à leurs sarcophages, les tuiles et carrons tirés des terres grasses... tout ne participe-t-il pas d'un mouvement qui va de l'invisible vers la lumière, de l'obscurité vers la connaissance ? 

Justement, toute présentation se doit d'apporter un éclairage propre à guider le lecteur dans le contenu de la revue. Quittons alors les métaphores ténébreuses et éveillons la curiosité du public. A l'accoutumée, les pages qui suivent commencent par l'époque romaine, avec un aperçu des fouilles de la villa de Goiffieux, à Saint-Laurent-d'Agny, dans leur troisième année de campagne, qui ont réservé des surprises dépassant les attentes que nous avions signalées. D'ailleurs, si l'exploitation des résultats est loin d'être achevée, ces fouilles ont révélé entre autres l'existence d'un ensemble de prestige, d'un grand bassin et de belles fresques. En outre, un puits, déjà condamné au Ie siècle (ce qui laisse supposer l'installation d'une irrigation plus performante), a été exploré par l'Araire et doit dévoiler encore ses secrets.

Trois siècles plus tard, l'emprie romain et notre pays sont soumis à des changements rapides et incessants, avec l'installation des Burgondes, l'arrivée des Francs, et des rivalités politiques permanentes, difficiles à suivre aux yeux des gens d'aujourd'hui. Et ce sont cependant ces temps où s'établissent les communautés monastiques et où évêchés, abbayes, prieurés et monastères structurent nos régions. C'est dans ce contexte que se signalent des saints martyrs, souvent sacrifiés pour des raisons plus politiques que religieuses, et dont le souvenir se perpétue dans les noms de nos villes et villages. Les aléas du transfert des reliques de l'un d'eux, Ragnebertus ou Rambert, passant par le Pays Lyonnais, témoignent de la vie locale au XIIe siècle. 

Et grâce aux recherches d'une historienne de la fin du moyen-âge, nous avons accès à la vie d'une paroisse des bords de l'Azergues, Le Breuil, au XVe siècle, époque de propérité économique, où la peste n'exerce plus ses ravages ; en outre, la proximité de la grande route de Lyon à Paris et la présence de cette "terre grasse" propre à la fabrication de tuiles et briques apportent leurs bienfaits. Et si l'on ajoute que le seigneur n'est pas des plus regardant à propos de ses privilèges... Mais laissons place à l'article lui-même, qui éveillera l'intérêt de tous.

Nous voilà replongés dans l'univers chtonien, en compagnie du Duernois Philippe Thomas, prospectant le sous-sol d'Algérie et de Tunisie en plein XIXe siècle, pour le plus grand bien d'une agriculture à la recherche d'un nouvel essor. Un fils de gendarme passionné de géologie - et une agriculture épuisée qui redémarre...

Pour finir, une bonne nouvelle : un élément de l'aqueduc du Gier, unique par son bon état de conservation, le réservoir de chasse de la Durèze à Genilac, qui menaçait ruine à cause des retards apportés aux travaux, va enfin ête consolidé.

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Revue de l'Araire - N° 169 juin 2012

Sommaire du N° 169

Le présent numéro commence dans les astres et s’achève par un remake de la chute d’Icare, au temps des pionniers de l’aviation. Mais rien n’est aisé dans le domaine de l’astronomie ! Il pourrait sembler aux Lyonnais que le sort qui pèse sur leur cité, l’une des plus importantes de France, mais privée pendant des siècles d’Université et même d’une « municipalité » autonome, aurait continué à s’acharner sur la recherche scientifique locale, s’il n’y avait eu les efforts tous azimuts des savants, professeurs, administrateurs et élus pour faire aboutir à la création de l’Observatoire de Lyon, à Saint-Genis-Laval. Un spécialiste nous relate les aléas de cette longue lutte, couronnée de succès en 1878.

Après l’espace, nous remontons le temps, tout d’abord dans l’étude des noms de pays de notre région, qui réservent quelques surprises lorsqu’on recherche leurs origines lointaines. Puis nous voici au XVIe siècle, parcourant les propriétés des riches Lyonnais à Millery, pays prospère et agréable à vivre, à peu de distance de la ville. Nous envierons peut-être ces deux bourgeois « missionnés » pour étudier les biens de leurs compatriotes dans ce pays de bon vin – mais les documents ne nous disent pas si l’enquête commence (ou s’achève) par les caves et celliers.

Et justement, à ce propos, il se pose une énigme concernant un nom de plant de vigne ! L’auteur a mené ses recherches au fil des ans, jusqu’à ce que le hasard la dévoile… mieux que le mystère du malheureux « masque de fer », qu’il évoque au passage. Il nous réserve aussi quelques autres énigmes pour la suite. Mais vous-même, lecteur ou lectrice, vous en tenez peut-être à notre disposition ? Elles viendraient émailler çà et là les numéros de notre publication… Alors, n’hésitez pas !

Et comme nous l’avons dit, après les astres, la chute… d’un aéroplane expérimental au début du siècle dernier. Vous serez certainement ému de constater que l’engouement des ingénieurs de cette époque se manifeste jusque dans les déclivités du plateau lyonnais, et que cet essai avorté, loin d’être une tentative burlesque, part de la volonté des hommes de ce temps de s’envoler dans l’espace.

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Revue de l'Araire - N° 170 septembre 2012

Sommaire du N° 170

Suivant la tradition de notre revue, ce numéro présente des articles de thématiques et d’auteurs différents, traitant d’époques diverses, qui recouvrent cette fois-ci une période allant de 1500 avant notre ère aux années 1990. Trois mille cinq cents ans d’un coup pour notre petit territoire du Pays Lyonnais, voilà un grand espace de temps !

Deux textes (sur quatre) jouent sur les cimes ou sur les pentes souvent escarpées. L’un évoque un site d’observation ou de refuge, aménagé il y a des millénaires sur la crête orientale des Monts du Lyonnais, d’où l’on peut observer les terres situées aux deux points cardinaux en latitude – de la plaine de Lyon au Monts du Forez -, voire en longitude, puisqu’on y a vue sur le Vercors et sur la Dombes, et dont la structure très ancienne a laissé jusqu’à nos jours des traces visibles. L’autre décrit des aménagements récents, remontant à 1965, qui, à l’initiative d’un agriculteur entreprenant, ont marqué d’une empreinte tout à fait originale le paysage des pentes des Monts du Lyonnais et de leurs environs : les « lacs collinaires », caractéristiques de cette région et liés au dynamisme agricole déjà évoqué dans nos pages : révolution fourragère et irrigation à partir des nappes phréatiques des vallées.

Deux époques différentes se brodent dans cet ensemble. Tout d’abord, le Moyen Age, avec un conflit très local – dont cette période a le secret – entre clergé et fidèles, portant sur la fréquentation d’une paroisse étrangère à celle à laquelle sont rattachés les habitants d’un hameau, avec des plaintes (sur l’arrière-plan de la dîme qui échappe au desservant normal) et tout un chapelet de témoignages plus pittoresque les uns que les autres. Enfin – toujours dans le registre du pittoresque -, une chanson inédite d’un poète du cru nous fait revivre une fête patronale villageoise, avec sa musique, ses défilés, ses couleurs, ses danses et ses couples juvéniles. En conclusion de ce numéro, de quoi rêver à l’écho des flonflons et des danses d’antan.

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