Sommaire du N° 172
Le présent numéro commence aux portes de Lyon, en un temps qui vit se déployer, « à la charnière des XIIe et XIIIe siècles », le grand mouvement de construction de châteaux de pierre. Il ne reste plus beaucoup de traces de la ville de Saint-Just, que l’archevêque Renaud II de Forez utilisa pour la défense du comté du Lyonnais, à côté d’un certain nombre d’autres châteaux comme ceux de Condrieu, Irigny, Yzeron, Francheville, Anse, etc. Saint-Just et ses chanoines jouèrent un rôle important à la fois pour leurs possessions de l’Ouest lyonnais et aussi pour l’histoire même de Lyon et de son comté. Sans entrer dans les détails, on peut rappeler que Lyon fut longtemps rattaché à l’Empire, alors que ses confins occidentaux appartenaient au royaume de France. Saint-Just, ville indépendante, mais dont les murailles n’étaient séparées que de quelques dizaines de mètres de celles de Lyon, pouvait donc remplir une fonction particulière au temps de Philippe le Bel, qui annexa Lyon au royaume, ou encore lors des crises municipales qui secouaient la ville. Il reste donc au lecteur à découvrir plus en détail l’histoire passionnante et méconnue de ce quartier aux ruelles aujourd’hui paisibles.
Flânant vers le sud-ouest, nous pénétrons dans l’agréable village de Taluyers, où notre regard se dirige sur un domaine et une maison qui méritent le détour. De patientes recherches ont conduit l’auteur à étudier l’histoire de cet ensemble bâti, d’abord maison-forte, puis domaine agricole à la gestion dynamique, puis, dirigé par des religieuses dévouées, maison d’accueil des orphelins de guerre, pour finalement se répartir entre un hôtel-restaurant, une maison de retraite et un parc municipal. Cette chronique s’ajoute aux articles déjà publiés par L’Araire sur l’histoire du village, de son église et de son prieuré.
Enfin, une série d’articles sur le chanvre et les traces de son industrie en différents lieux du Pays Lyonnais donne un avant-goût du contenu de notre prochain numéro, qui sera consacré à l’évolution de l’agriculture dans notre région, avec un regard particulier porté sur la seconde moitié du XXe siècle. Etant donné l’importance et les dimensions de ce sujet, nous avons voulu traiter dès maintenant de la culture du chanvre, qui est aujourd’hui bien oubliée, mais joua un rôle très important dans l’économie et l’artisanat rural du Lyonnais. Diverses associations locales, qui ont sauvé avant qu’il ne fût trop tard les quelques souvenirs conservés et les quelques traces subsistantes de cette activité, nous ont aimablement laissé profiter de leurs recherches, et nous leur témoignons ici notre reconnaissance.
Résumés des articles de la revue
Une ville fortifiée aux portes de Lyon médiéval : Saint-Just
Par M. -T. LORCIN
L’histoire étonnante de Saint-Just retracée ici « ne peut manquer de surprendre ceux des lecteurs qui connaissent le quartier ». Ville fortifiée, formée d’un cloître canonial et d’un bourg, elle joua un rôle politique important, jusqu’à être « un des hauts-lieux de la diplomatie européenne ». Tombée dans l’oubli après sa destruction et la disparition des murailles, son souvenir renaît grâce aux chercheurs.
La seigneurie des Berthaud et la « Maison Pie X » de Taluyers
Par G. CHOLLET
Chronique détaillée sur quatre siècles d’un domaine et d’une ancienne maison-forte de Taluyers, qui jouèrent un rôle important dans l’histoire du village. Le pensionnat qui y fut aménagé pour accueillir en particulier les orphelins de guerre fut dirigé par des personnalités dont le souvenir doit être perpétué. Un article très attachant.
Présentation du chanvre
Par A. POSSETY
Présentation de la plante, ses caractéristiques, témoignages archéologiques et observations de scientifiques du passé donnent une image d’ensemble du chanvre et de sa culture. Un parcours à travers la région nous donne divers aperçus des lieux favorables à la culture et des activités locales autour du chanvre.
Sur les traces des chèneviers, du commerce et du travail du Chanvre
Par A. POSSETY
Plusieurs chercheurs de L’Araire exposent le résultat de leurs enquêtes documentaires, classées selon les diverses époques. Les écrits médiévaux sont rédigés en francoprovençal, langue usuelle des receveurs du péage et des commerçants. Les autres documents témoignent de l’importance de la culture et du travail du chanvre à travers ventes, contrats de fermage, états des lieux, mesures administratives etc.
Le chanvre à Meys
Par D. BESSON
L’activité autour du chanvre, de la récolte au tissage, est évoquée ici dans une atmosphère villageoise, avec les différents acteurs, familles, enfants, travailleurs spécialisés, et le rappel précis des termes techniques, souvent patois. Un document précieux de culture locale.
La culture du chanvre à Savigny
Par A. BOUVIER
Ce document commentant une exposition sur le chanvre à Savigny resitue cette culture – même peu importante – dans les lieux et l’histoire de la commune : cours d’eau, témoignages visibles, tradition orale, mesures administratives. Le plan d’un four à chanvre et les vestiges d’un routoir sont des documents précieux d’histoire technique.
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