Sommaire du N° 143
Temps et espace : tels pourraient être les mots clefs de ce numéro 143. En effet, un lien de parenté remontant aujourd’hui à douze siècles s’établit entre les personnes dont il est question dans le premier article (contrat de mariage août 1514) et dans le troisième (le centenaire des Meubles Grange en 2004). Ami lecteur, toi qui voudrais en savoir davantage, prends la peine de parcourir les pages de la revue, note bien tous les détails, et tu trouveras ta récompense au terme de cet insolite jeu de piste ! En outre, partant de Thurins, nous gagnerons le Nouveau Monde sur les traces d’un éminent citoyen de cette commune, que nous souhaitons ainsi sortir d’un injuste oubli.
Voyage dans le temps : si les commentaires du premier document concernant un contrat de mariage montrent l’importance sociale et économique de l’institution matrimoniale au XVIe siècle et les renseignements sur la sociologie de cette époque que l’on peut en tirer, la biographie du Père Delorme, « Américain de Thurins », peut mener à un dépaysement tout à fait comparable, en dépit de sa proximité avec notre époque. Cette personnalité pour le moins très forte (les conditions du voyage ; les conditions de vie en Oregon, le retour à Thurins, l’écriture du très long poème) montre un homme d’action, de terrain, d’une énergie et d’une persévérance rares. On peut se poser la question de savoir si, derrière l’oubli qui le frappe, il n’y a pas la « question indienne », et en particulier la reconnaissance de l’Indien dans la société américaine. Dans le contexte guerrier du XIXe siècle dans l’Ouest américain, les positions de B. Delorme sont courageuses. Comme l’Indien, il aime la nature et est devenu discret. Dévoué et loyal, dans son petit coin de francophonie canadienne, il se montre tolérant envers la majorité protestante : « Chez nos frères séparés il y a des personnes d’un grand mérite, des cœurs droits et généreux. L’auteur de ce poème a trouvé parmi eux des amis sincères et dévoués ».
Enfin, la longévité exceptionnelle de la vénérable entreprise fondée par Joseph Grange est liée à son expansion constante, d’abord dans l’espace local, puis dans sa recherche de marchés mondiaux, avec certes les aléas que cela peut représenter. Nous avons tenu à donne run relief particulier à cette présentation, grâce aux deux volets de l’article : d’une part, l’historique officiel de l’entreprise, d’autre part, la description « de l’intérieur » faite par un ouvrier. Ainsi, nous avons célébré nous aussi la permanence séculaire d’une entreprise locale et son importance non seulement à l’égard de l’économie du pays – le gagne-pain des gens -, mais aussi comme fierté culturelle : attachement à une tâche utile, esthétique, en somme au travail bien fait ».
Résumés des articles de la revue
Le 27 août de l’an du Seigneur 1514, contrat de mariage entre Michel Tellisson de Pomeys et Françoise Mitte de Chazelles
Par M. -T. LORCIN et F. BOUTEILLE
Le commentaire d’un contrat de mariage du XVIe siècle nous éclaire sur les coutumes de l’époque et l’importance sociale de l’institution. Ce document, conservé dans des conditions exceptionnelles, est l’occasion de donner des indications précieuses sur l’origine et l’apparentement de plusieurs familles des Monts du Lyonnais
Bartholomew Delorme : un Américain de Thurins
Par C. FOUGEROUSE
B. Delorme est à la fois un religieux, un poète et un savant. Né en 1825, il part comme père missionnaire pour l’Amérique en 1847. Après 40 années passées en Oregon, il revient à Thurins. B. Delorme fut une personnalité exceptionnelle mais très modeste. Il est l’auteur d’un poème didactique et épique, « l’Homme-Dieu ».
Une entreprise centenaire : Les Meubles Grange
Par A. FRANCON
L’article retrace le développement d’une entreprise de fabrication de meubles fondée il y a un siècle à Saint-Symphorien-sur-Coise, importante par son renom et aussi par le nombre d’emplois, et la fait vivre « de l’intérieur » en relatant l’expérience d’un ouvrier qui y a travaillé pendant près de quarante ans : un document d’histoire industrielle et d’histoire humaine.
Une nouvelle maquette à l’Araire
Par J. BURDY
L’exposition permanente de l’Araire à Yzeron, « Les aqueducs romains de Lyon », s’est enrichie d’une nouvelle maquette « figurant les étapes de la construction des arches qui portent le canal de l’aqueduc du Gier au Plat de l’Air ». Très fidèle, elle est à l’échelle 3/100
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