Sommaire du N° 136
L’Araire et son Président, Henri Bougnol, m’ont demandé de me charger de la direction de la publication de notre revue. Prendre la succession d’André Hernoud, de Jacques Rivoire et de tant d’autres est, sinon une gageure, du moins une situation peu confortable, où il faut faire ses preuves.
Je connais L’Araire presque depuis son origine. Jacques Rivoire vient de me rappeler fort à propos qu’il m’avait alors demandé de faire un article pour la toute jeune revue : « la vogue dans un village des Monts du Lyonnais vers 1900 ». Comme il m’avait entretenu de l’association et de sa revue, je lui avais parlé de la branche yzeronnaise de ma famille et de mon intérêt pour la campagne lyonnaise, ses coutumes et son patois. C’est ainsi que je fis mes modestes débuts dans L’Araire.
L’eau à coulé depuis sous les ponts de l’Yzeron. De proche en proche, je visitais L’Araire, feuilletais la revue, rédigeais tel ou tel article à la demande de Jacques Rivoire. Dans le même temps, mon père, Etienne Longre, s’occupait de l’acquisition de la future Maison d’Expositions d’Yzeron et prenait en charge la trésorerie de l’association.
Or, il semble que tout ait été dit sur le Pays Lyonnais en plus de trente ans de publication. Chaque numéro, chaque page même parait proclamer qu’il n’y a plus rien à ajouter. Jacques Rivoire en personne m’a déclaré, en guise d’encouragement (je lui dois bien cette petite vengeance ici-même !) : « tu sais, une revue de 30 ans, c’est vieux, c’est très vieux, il y en a peu qui arrivent à durer aussi longtemps ». Eh bien, me suis-je dit, je n’ai pas vocation à enterrer la revue ! D’une part, il y a des champs à explorer : agriculture, techniques agricoles et révolution agricole, histoire des mentalités, rôle de la religion et des mouvements populaires, histoire industrielle et ouvrière, chronique de la centaine de communes de notre Pays ; d’autre part, chercheurs, historiens, géographes, archéologues, travaillent et publient sans cesse de nouvelles études, et nous avons à suivre ce qui se fait et à établir des contacts avec eux. Du coup, songeant à la boutade du Professeur Houssel, qui propose une modification de titre pour la revue – « De L’Araire à l’ordinateur » -, je mets mon informatique au service de l’ancestral outil, empoigne les mancherons de l’un et la souris de l’autre, et continue, avec vous, à tracer notre sillon dans la glèbe de ce Pays Lyonnais auquel nous sommes attachés.
Résumés des articles de la revue
Messimy au XIVe siècle
Par M. -T. LORCIN
Un terrier de 1374 témoigne de la pauvreté du village menacé par l’insécurité et la peste. La culture des céréales est facilitée par un système de bail particulier, la commande. Le village est favorisé par son site au cœur d’une étoile de grands chemins et sur la route de Lyon à Saint-Symphorien.
Concession de foires et d’un marché aux habitants d’Yzeron en 1536
Par C. LONGRE
Le roi accorde aux Yzeronnais le privilège de tenir foires et marchés. Le document montre que dans le Lyonnais récemment conquis, le roi exerce le pouvoir habituellement dévolu au seigneur, et témoigne de l’acheminement des demandes de privilèges auprès des autorités.
Histoire et économie rurale d’un lieu-dit en ruine : les Cambarres à Thurins
Par C. FOUGEROUSE
Les recherches sur un lieu-dit en ruine font apparaître deux habitats, étudiés sur trois siècles : une ferme et un atelier de tisserands. Cette « Cévenne Lyonnaise », où le déclin du haut pays contraste avec la prospérité des coteaux du bas, devrait être remise en valeur par le développement des loisirs.
Les Vingtrinier et le village de Thurins
Par J. RIVOIRE
Il faut rappeler qu’aimé Vingtrinier, écrivain lyonnais aux multiples talents, était thurinois par sa mère. Dans ses ouvrages ainsi que ceux de son cousin Joseph, les souvenirs du Pays Lyonnais sont souvent évoqués, par exemple le conte du Lutin de la Renaudière. La commune de Thurins devrait perpétuer le souvenir de cet écrivain.
Aqueduc romain du Gier : une troisième borne de protection ?
Par J. BURDY
La sécheresse de 2003 a laissé apparaître à saint-Romain-en-Jarez, à proximité de l’aqueduc romain, une dalle dont les dimensions permettent soit d’y voir une dalle de couverture pour fermer la margelle d’un regard, soit plutôt l’ébauche d’une borne de protection de l’aqueduc, « abandonnée à cause des défauts de la pierre ».
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