Revue de l'Araire - N° 147 décembre 2006

Sommaire du N° 147

Deux anniversaires sont célébrés dans ce numéro. Certes, ils sont de nature différente : centenaire d'une naissance, et cinquantenaire de recherches historiques. Les deux personnes dont il est question dépassent néanmoins par la portée de leurs travaux les limites étroites d'un village ou d'un canton. 
Pierre Gardette, né en 1906, a mené ses études à partir du Forez jusqu'à l'ensemble de l'aire linguistique francoprovençale et bien au-delà. Il a donné un élan nouveau et toujours sensible aux recherches de géographie linguistique. C'est une personnalité à laquelle notre région et sa ville natale de Tarare se doivent de rendre hommage.

Jacques Rivoire, dont les recherches ont débuté il y a cinquante ans par la découverte des archives municipales de Soucieu-en-Jarez, est un des fondateurs de l'Araire. Il a dirigé et animé sa revue pendant des dizaines d'années. Sans lui, le Pays lyonnais serait peut-être toujours l'arrière-pays un peu effacé de la métropole lyonnaise, n'osant pas se mesurer avec ses voisins du Pilat ou du Beaujolais.

A côté de ces célébrations, le lecteur trouvera un texte qui relate de façon très documentée les début de la Révolution à Mornant. La seconde partie paraîtra dans un prochain numéro.

L'illustration de couverture montre la rencontre de la technologie et de l'ingéniosité actuelles et du plus ancien monument de notre région, décrite par le texte qui clôt ce numéro : le spectaculaire sauvetage d'un segment de l'aqueduc romain du Gier à Chaponost.

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Revue de l'Araire - N° 150 septembre 2007

Sommaire du N° 150

Voici - une fois n'est pas coutume - un numéro à deux articles de fond. Tout d'abord, Jacques Rivoire nous fait traverser les siècles en retraçant l'origine et l'évolution des noms de famille de Soucieu-en-Jarez, liés aux métiers, aux lieux, aux sobriquets. Il nous montre que dans la société médiévale, croissant en nombre et en complexité, il devenait nécessaire de distinguer les individus et les familles. A partir de cet article sur un village, nous avons un échantillon d'histoire humaine, depuis la féodalité et son morcellement extrême jusqu'à la mondialisation qui caractérise notre siècle.

Mais deux autres aspects donnent aussi à cet article intérêt et importance. Tout d'abord, la curiosité de tous les lecteurs pour ce qu'il est convenu d'appeler ses racines : à lire ces lignes, on devient citoyen de Soucieu, on ne peut pas s'empêcher de se penser un cousinage avec les familles dont l'auteur nous déploie la saga. Et de fait, est-ce bien de l'imagination ? Qui n'a entendu parler d'un Vindray ? d'un Chipier ? Et surtout, reconnaissons-le : le Pays lyonnais est une grande famille ! Qu'on pénètre dans un village ou dans un hameau, liant conversation avec les gens : on vous découvre des parentés, des cousinages, même lointains, avec les familles du pays.

Après les hommes, voici les châtaigniers, qui, impressionnants par leur nombre et leur stature, peuplent les pentes des vallées. Commes les familles, ils sont là depuis des siècles, non pas propagés par le hasard, mais plantés rationnellement aux temps passés, pour la nourriture et pour le bois. Mais à la différence des humains, qui résistent aux épreuves les plus dures, leur culture s'est éteinte à la suite de la guerre de 1914-1918. Le climat et le terrain se prêtent cependant à leur exploitation, mais leur présence n'intéresse plus personne, à part les braves gens qui, la saison venue, viennent "piller" les châtaignes tombées au bord des routes et des chemins.

Plus personnes ? Non, car des agriculteurs inventifs ont entreprise d'acclimater des variétés productives et savoureuses. Et on se prend à rêver, avec Christian Fougerouse, de fêtes du fruit à Thurins avec la vente de succulentes châtaignes locales.

Enfin, nous pouvons constater avec plaisir que l'une des plus anciennes réalisations de notre terroir, l'aqueduc romain de la Brévenne, sans doute aussi le plus discret de nos aqueducs, est mis en valeur à Montromant grâce à un sentier découverte et à une reconstitution au centre du village. Après avoir vu détruire dans notre terroir tant de témoins de l'Antiquité, même récemment, saluons une telle initiative !

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Revue de l'Araire - N° 151 décembre 2007

Sommaire du N° 151

Une fois n'est pas coutume : "L'Araire" a commis un faux ! Mais les trois spécialistes qui ont mené cette tâche à bien ont apporté tant de soin à reconstituer le dessin manquant de l'admirable série de G. M. Delorme, consacrée aux aqueducs de Lyon, que non seulement le lecteur le leur pardonnera, mais qu'il applaudira à ce bel hommage rendu au dessinateur. De plus, l'examen des dessins existants, préalable à la confection la plus fidèle possible, fut une occasion unique d'approfondir le travail de Delorme.

Et maintenant, que le lecteur nous pardonne qussi une transition hardie : après la présentation d'un faux parfaitement louable, le présent numéro nous confronte avec des crimes et délits a contrario réels et condamnables, commis au XVIIIe siècle, à l'époque même (c'est un hasard !) où Delorme dessina les aqueducs. Cette partie faits divers n'est pas destinée à illustrer l'affirmation banale que le crime a toujours existé : au-delà de l'impression d'étrangeté que donnent ces "reportages" anciens dans un cadre qui nous est familier, les récites, patiemment collectés par les chercheurs, peuvent nous éclairer sur la culture et la socio-économie de notre Pays lyonnais en un temps révolu. 

Par exemple, deux des faits-divers attestent la consommation de vin, soit modérée et habituelle, soit comme fait d'ivrognerie. Or, l'histoire sociale nous l'enseigne, encore XVIIIe siècle, elle n'est as habituelle dans la plupart des régions françaises, où les gens du peuple se contentent de piquette, de vin de fruits sauvages, voir d'eau. Le vin consommé dans toutes les couches de la société caractérise en revanche le Lyonnais, grande région de production depuis des siècles...

Autre remarque, concernant les transports au XVIIIe siècle. L'"assassinat de Jean Rivat" montre que les transports par roulage étaient alors intenses et devaient couramment se faire de nuit. On observera que les auberges et cabarets de bord de route, par exmeple entre Saint-Maurice-sur-Dargoire et Oullins, sont ouverts "24 heures sur 24", chose nécessaire pour rafraîchir et nourrir les conducteurs d'attelages. Citons à ce propose une étude de Fernand Braudel sur le transport du blé entre Marseille et Paris, en 1710. L'auteur calcule qu'entre Tarare et Roanne, il y a "1800 attelages de boeufs en lente procession (de l'ordre de 14 km par jour) se relayant sur 7 km, soit, sur chaque kilomètre, plus de 20 voitures à la montée ou à la descente, une tous les 50 mètres !" (F. Braudel, l'Identité de la France T I, Ed. Arthaud, Paris, 1986). Il est vraisemblable qu'entre le bassin du Gier et Lyon, à cette même époque, le trafic de charbon et de denrées alimentaires - comme l'illustre notre article - devait être également important.

Après ces deux constatations, qui montrent qu'à deux cent cinquante ans de distance, les habitudes des consommateurs et le transport routier de nuit n'ont guère changé, examinons les affrontements populaires entre porteurs d'opinions politiques opposées. Nous voilà éclairés - "Règlement de comptes à Rontalon..." -, grâce à la plainte que porte un chimiste à l'encontre de villageois qui l'ont agressé ! Il est vrai que nous sommes au temps de la Révolution, et que la mission de notre fonctionnaire n'est pas neutre : il est chargé de recueillir du salpêtre, matériau de base pour la fabrication de poudre à canon. Mais comme c'est trop souvent le cas, l'affrontement ne se fait pas au niveau du débat d'idées, mais à celui des poings et des coups... ce qui n'empêche pas notre brave républicain de conclure son rapport, avec une force de conviction qui l'emporte sur son manque de correction administrative, par un cri du coeur : "Vive la République, guerre aux tirans !"

Remontant ensuite aux siècles plus anciens du Moyen-Age finissant, nous étudions avec Marie-Thérèse Lorcin les testaments du Forez et du Lyonnais, matière privilégiée pour connaître cette époque dans notre région, en l'absence d'autres documents éclairants. Nous pouvons alors aller de surprise en surprise, car l'étude qu'elle nous fournit rompt avec la représentation, que se fait tout au moins le lecteur non spécialiste, d'un temps où tout serait somme toute assez uniforme. Les quelques aperçus que fournit cette recension de l'ouvrage nous invitent à aller plus avant et à lire en son entier le livre de M. Th. Lorcie, afin d'en savoir plus sur l'évolution du statut des femmes, les rapports entre tenanciers et seigneurs, les étonnants repas de funérailles, le sauvetage du patrimoine familial agricole contre vents et marées, les populations épargnées par la peste, les notaires qui sont aussi curés, etc. Si l'on veut connaître l'histoire du Pays lyonnais et du Forez, ces comtés étroitement liés l'un à l'autre, il ne faut pas hésiter à lire D'abord il dit et ordonna... - Testaments et société en Lyonnais et Forez à la fin du Moyen Age.

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Revue de l'Araire - N° 158 septembre 2009

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Embarquant sur l'Ile-Barbe, ce numéro nous fait descendre au fil de l'eau sous l'arche des Merveilles du pont du Change à Lyon, et, après un crochet sur la terre ferme à Francheville et Orliénas, nous fait accoster au débouché du vénérable canal de Givors, que nous remontons en direction de Rive-de-Gier, croisant, halées par de petits chevaux, les barges chargées à ras bord de charbon de terre, pour enfin revêtir la combinaison du spéléologue et explorer le tunnel romain creusé sous le village de Mornant.

L'Araire offre ici un menu pour tous les goûts : la légende, avec le cor de Roland, détenu des siècles durant par ses héritiers vaugnerois, montré lors de festivités médiévales à l'Ile-Barbe ; l'architecture antique, avec le tunnel de l'aqueduc, un des plus beaux témoignages qui soient du génie des constructeurs romains ; l'histoire économique, avec l'étude d'une page inédite de la prospection minière, liée à l'activité exceptionnelle des industriels du début du XIXe siècle et aux origines de l'industrialisation du modeste bourg rhodanien de Givors, devenu alors en quelques années une des villes les plus dynamiques de France ; un témoignage de la vie agricole à la même époque, et enfin, l'histoire sociale d'après-guerre, avec le développement mémorable du mouvement des "castors", unissant leurs efforts pour lutter contre la terrible crise du logement qui sévissait à cette époque.

Dans notre numéro précédent, consacré au thème des soins et de la santé en Pays Lyonnais, nous expliquions que le sujet traité excédait les possibilités éditoriales de la revue. Il est possible que plus d'une lectrice ou plus d'un lecteur ai éprouvé un sentiment de frustration en constatant que nous n'avions pas fait état de tel établissement ancien, de tel praticien émérite, etc.

L'auteur de ces lignes peut-il ajouter qu'il a dû se limiter lui-même et interrompre des recherches entreprises ? Alors, que cette lectrice, que ce lecteur nous adresse études, dossiers, voire simples documents, afin que nous puissions combler ces lacunes dans les numéros à venir ! 

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Revue de l'Araire - N° 159 décembre 2009

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Si nous l'osions, nous nous risquerions à appeler le présent numéro l'ultime numéro de jeunesse de notre revue, étant donné que l'an que va inaugurer la proche Saint-Sylvestre, soit le quarantième de l'Araire, sonne l'âge mûr de notre favorite, que nous avons été tant et tant à guider dans ses premiers pas, dans ses hésitations, ses aventures de jeunesse, ses émois juvéniles, sa croissance et son épanouissement. Mais il n'est point encore temps de nous attendrir ni de nous épancher ! Ce temps viendra sous peu... Pour l'instant, en cette fin d'année, posons nos présents et nos étrennes dans les sabots de nos chers lecteurs.

Tout d'abord, un article reprend la grande découverte de ces deux années écoulées, fondatrice de notre Pays lyonnais : la villa - nous devrions plutôt dire les villae successives de Goiffieux -, dont plus d'un a suivi la chronique des fouilles, de visu ou tout au moins dans la presse. Il s'agit bien là du site le plus ancien, le plus "ancestral" du terroir que notre revue et notre association explorent patiemment et sans relâche depuis trente-neuf ans, et l'enjeu est capital ! De plus, l'Araire est tr-s attachée à ce lieu, car les premiers explorateurs du site sont des amis ou des proches, entre autres le sénateur Claudius Delorme et Marie-Christine Péronnet ; en outre, notre collègue Patrick Bernard, spécialiste d'archéologie, a secondé le professeur Mathieu Poux dans l'exploration du site. Et bien sûr, ces personnes ont été citées ou ont participé à l'élaboration de cet article, qui trouvera sans doute une suite lorsque les recherches auront mis au jour de nouvelles parties de la villa.

Un détour du côté du village verdoyant et discret que le voyageur pressé ne traverse jamais, mais que le promeneur amateur de calme et de verdure sait apprécier : je parle, vous l'avez deviné, de Saint-Laurent-de-Vaux, qui n'est pas, malgré ce que beaucoup pensent, le plus petit du Pays lyonnais, ni en superficie ni en nombre d'habitants, mais dont l'histoire mérite elle aussi le détour. Et, comme suite des étrennes : deux contes ou légendes laurentiennes, par précisément pour les enfants sages, car elles ont leur content de diablerie... Mais chut ! Commencez la lecture pour avoir les frissons attendus. 

Pour finir, les présents par excellence, le "cadeau de Noël" traditionnel : une Crèche de Noël ! Non, pas une de ces constructions avec des santons et étoile sur fond de papier rocher, mais une vraie, une ancienne, de plus d'un siècle, en patois de chez nous, inédite et rigoureusement vaugneroise ! Et pour les enfants qui ont oublié la langue, mais n'ont pas à être punis pour autant, des traductions, et aussi des commentaires pour tous. Tous pourront donc tour à tour sourire et s'attendrir sur ce spectacle traditionnel et étonnant à la fois.

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